On parle très souvent de l’économie moribonde d’Haïti sans se poser la question la plus fondamentale qui se rattache à elle, c’est-à-dire le rôle de la «bourgeoisie haïtienne.» Si Haïti se réclame avant tout de l’économie de marché axée sur la propriété privée, l’initiative privée et la compétition, il y a un paradoxe qui montre que l’état haïtien reste et demeure le plus grand pourvoyeur d’emplois du pays. En face d’un constat si palpable, l’on se demande quelle serait la nature et la taille des initiatives à entreprendre par la bourgeoisie pour augmenter la production du pays et faciliter du même coup la hausse de l’emploi et améliorer le pouvoir d’achat de la population. En guise de réponse, il serait impératif de s’attaquer à la racine de la problématique qui n’est autre que l’importation à outrance des biens ou produits de consommation.
La décadence économique du pays est due principalement au fait que presque tout ce que nous consommons est fabriqué ailleurs. Si nous restons dans le domaine alimentaire, disons que le riz, qui est la chose que nous consommons le plus, nous vient de la Floride. Le sucre n’est plus produit en Haïti. Nous l’obtenons soit des Etats-Unis d’Amérique ou de la République Dominicaine. Il fut un temps où nous fabriquions notre propre huile (qui ne se rappelle pas de la HUNASA). Aujourd’hui, nous l’importons d’un peu partout à travers le monde. Nous ne produisons plus de citrons. Nous les importons de la République Dominicaine. Il en va de même pour notre consommation d’œufs et de viande qui sont tous de provenance étrangère. La liste des choses que nous importons à des fins de consommation sur le plan alimentaire est si longue que nous ne finirions jamais de les énumérer. L’essentiel de ce qu’on voudrait dire ici c’est que si notre « bourgeoisie » y mettait la main en investissant dans l’économie locale, nous ne serions pas si vulnérables pour quelque chose d’aussi basique que l’alimentation.
Sur le plan purement stratégique, il est anormal qu’un pays dépende exclusivement de l’extérieur en matières alimentaires. L’insuffisance alimentaire d’un pays le rend très vulnérable aux diktats des pays dont il dépend. Pour porter notre pays à accepter l’inacceptable, il suffirait que nos fournisseurs de produits alimentaires nous imposent un embargo d’une durée de trois mois seulement.
Il nous faut définitivement en finir avec cette dépendance. Mais, pour y parvenir, il faudrait un élan patriotique de la part de ceux-là qui se réclament de la couche bourgeoise de la société, c’est-à-dire les nantis de l’avoir. Or, les noms demeurent les mêmes à chaque fois qu’on parle de la bourgeoisie haïtienne (les Brandt, les Madsen, les Mews et tous les syriens du bord de mer) qui, trois générations après, n’affichent aucun sentiment d’appartenance à la nation haïtienne, mais font plutôt allégeance à l’Angleterre, la Hollande, la Syrie et les Etats-Unis.
Le coup d’état de 1991 illustre bien ce comportement de notre soi-disant bourgeoisie haïtienne. Il n’a pas été simplement l’aboutissement du désir d’un groupe de militaires assoiffés de pouvoir comme on nous porte à le croire. Il a été surtout une réponse à la prise de position du chef de l’état d’alors qui osait demander à ce que la « bourgeoisie » et ses alliés internationaux s’acquittent de leurs redevances fiscales.
Il appartient seulement à des patriotes de comprendre qu’il faut payer ses taxes pour l’épanouissement du bien commun. Si on est dans le pays rien que pour satisfaire son esprit de lucre, ce qui est important c’est qu’on y amasse le plus de profits aussi rapidement que possible sans égard pour la dégradation du niveau de vie de la société en général. Notre soi-disant bourgeois ne se soucie pas d’investir dans des activités économiques locales telles que l’industrie textile et l’industrie de la pêche pour promouvoir l’emploi. Il est intéressé plutôt dans l’achat et vente des produits finis en provenance de l’étranger, ce qu’il trouve à la fois beaucoup plus facile et profitable.
Dans une telle atmosphère, il devient de plus en plus difficile de parler de balance commerciale en Haïti. En fait, elle n'existe presque pas. Pour inverser la tendance, il faudrait que l’on parvienne à un certain équilibrage du niveau des échanges commerciaux. Aussi longtemps que notre niveau d’importation restera si élevé par rapport au niveau d’exportation due au manque de production locale, Haïti continuera d’être parmi les pays les plus pauvres du monde. Il s’avère donc nécessaire que l’état haïtien prenne des dispositions appropriées pour juguler cette crise économique.
L’une des approches pour porter la soi-disant bourgeoisie haïtienne à changer d’attitude serait d’imposer des tarifs douaniers très élevés sur les produits finis importés. Certes, ceci conduirait automatiquement à la hausse des prix dans un premier temps. Mais la hausse des prix dont il est question aurait pour effet de ralentir la vente. Le ralentissement de la vente donnerait lieu éventuellement à la baisse des prix sur le moyen terme, ce qui se traduirait en déficit pour la bourgeoisie. A ce moment-là, elle n’aurait d’autre choix que de tourner le dos à l’importation proprement dite pour investir dans l’industrie locale.
Au cas où celle-ci ne portait pas les fruits escomptés, l’autre approche serait que l’état haïtien entre directement en concurrence avec la bourgeoisie pendant une période relativement courte en rouvrant les magasins de l’état. Dans cette perspective, s'appuyant sur l’économie d’échelle, il achèterait des produits à vil prix sur le marché international pour les vendre au détail sur le marché local à des prix excessivement bas. Ceci, bien évidemment, découragerait le secteur privé et le porterait à renoncer à l’importation proprement dite des produits finis. Entre-temps, le gouvernement devrait s’engager dans des projets pilotes agro-industriels pour stimuler l’envie des bourgeois d’investir dans des activités économiques locales. Quant aux magasins de l’état, ils cesseraient d'exister dès l’instant où la production locale atteindrait un seuil acceptable. Cependant, les tarifs douaniers très élevés devraient être maintenus vitam aeternam sur tous les produits importés qui font partie du répertoire agricole et industriel du pays pour éviter de retourner au statu quo ante.
La troisième approche consisterait à challenger l’actuelle soi-disant bourgeoisie haïtienne en attirant des investisseurs en provenance de la diaspora. Il s’agirait ici d’une motivation par persuasion. En d’autres termes, l’actuelle bourgeoisie comprador émulerait les investisseurs de la diaspora en les voyant obtenir des gains économiques très substantiels.
Reginald Villier
http://www.haitisuntimes.com/
La décadence économique du pays est due principalement au fait que presque tout ce que nous consommons est fabriqué ailleurs. Si nous restons dans le domaine alimentaire, disons que le riz, qui est la chose que nous consommons le plus, nous vient de la Floride. Le sucre n’est plus produit en Haïti. Nous l’obtenons soit des Etats-Unis d’Amérique ou de la République Dominicaine. Il fut un temps où nous fabriquions notre propre huile (qui ne se rappelle pas de la HUNASA). Aujourd’hui, nous l’importons d’un peu partout à travers le monde. Nous ne produisons plus de citrons. Nous les importons de la République Dominicaine. Il en va de même pour notre consommation d’œufs et de viande qui sont tous de provenance étrangère. La liste des choses que nous importons à des fins de consommation sur le plan alimentaire est si longue que nous ne finirions jamais de les énumérer. L’essentiel de ce qu’on voudrait dire ici c’est que si notre « bourgeoisie » y mettait la main en investissant dans l’économie locale, nous ne serions pas si vulnérables pour quelque chose d’aussi basique que l’alimentation.
Sur le plan purement stratégique, il est anormal qu’un pays dépende exclusivement de l’extérieur en matières alimentaires. L’insuffisance alimentaire d’un pays le rend très vulnérable aux diktats des pays dont il dépend. Pour porter notre pays à accepter l’inacceptable, il suffirait que nos fournisseurs de produits alimentaires nous imposent un embargo d’une durée de trois mois seulement.
Il nous faut définitivement en finir avec cette dépendance. Mais, pour y parvenir, il faudrait un élan patriotique de la part de ceux-là qui se réclament de la couche bourgeoise de la société, c’est-à-dire les nantis de l’avoir. Or, les noms demeurent les mêmes à chaque fois qu’on parle de la bourgeoisie haïtienne (les Brandt, les Madsen, les Mews et tous les syriens du bord de mer) qui, trois générations après, n’affichent aucun sentiment d’appartenance à la nation haïtienne, mais font plutôt allégeance à l’Angleterre, la Hollande, la Syrie et les Etats-Unis.
Le coup d’état de 1991 illustre bien ce comportement de notre soi-disant bourgeoisie haïtienne. Il n’a pas été simplement l’aboutissement du désir d’un groupe de militaires assoiffés de pouvoir comme on nous porte à le croire. Il a été surtout une réponse à la prise de position du chef de l’état d’alors qui osait demander à ce que la « bourgeoisie » et ses alliés internationaux s’acquittent de leurs redevances fiscales.
Il appartient seulement à des patriotes de comprendre qu’il faut payer ses taxes pour l’épanouissement du bien commun. Si on est dans le pays rien que pour satisfaire son esprit de lucre, ce qui est important c’est qu’on y amasse le plus de profits aussi rapidement que possible sans égard pour la dégradation du niveau de vie de la société en général. Notre soi-disant bourgeois ne se soucie pas d’investir dans des activités économiques locales telles que l’industrie textile et l’industrie de la pêche pour promouvoir l’emploi. Il est intéressé plutôt dans l’achat et vente des produits finis en provenance de l’étranger, ce qu’il trouve à la fois beaucoup plus facile et profitable.
Dans une telle atmosphère, il devient de plus en plus difficile de parler de balance commerciale en Haïti. En fait, elle n'existe presque pas. Pour inverser la tendance, il faudrait que l’on parvienne à un certain équilibrage du niveau des échanges commerciaux. Aussi longtemps que notre niveau d’importation restera si élevé par rapport au niveau d’exportation due au manque de production locale, Haïti continuera d’être parmi les pays les plus pauvres du monde. Il s’avère donc nécessaire que l’état haïtien prenne des dispositions appropriées pour juguler cette crise économique.
L’une des approches pour porter la soi-disant bourgeoisie haïtienne à changer d’attitude serait d’imposer des tarifs douaniers très élevés sur les produits finis importés. Certes, ceci conduirait automatiquement à la hausse des prix dans un premier temps. Mais la hausse des prix dont il est question aurait pour effet de ralentir la vente. Le ralentissement de la vente donnerait lieu éventuellement à la baisse des prix sur le moyen terme, ce qui se traduirait en déficit pour la bourgeoisie. A ce moment-là, elle n’aurait d’autre choix que de tourner le dos à l’importation proprement dite pour investir dans l’industrie locale.
Au cas où celle-ci ne portait pas les fruits escomptés, l’autre approche serait que l’état haïtien entre directement en concurrence avec la bourgeoisie pendant une période relativement courte en rouvrant les magasins de l’état. Dans cette perspective, s'appuyant sur l’économie d’échelle, il achèterait des produits à vil prix sur le marché international pour les vendre au détail sur le marché local à des prix excessivement bas. Ceci, bien évidemment, découragerait le secteur privé et le porterait à renoncer à l’importation proprement dite des produits finis. Entre-temps, le gouvernement devrait s’engager dans des projets pilotes agro-industriels pour stimuler l’envie des bourgeois d’investir dans des activités économiques locales. Quant aux magasins de l’état, ils cesseraient d'exister dès l’instant où la production locale atteindrait un seuil acceptable. Cependant, les tarifs douaniers très élevés devraient être maintenus vitam aeternam sur tous les produits importés qui font partie du répertoire agricole et industriel du pays pour éviter de retourner au statu quo ante.
La troisième approche consisterait à challenger l’actuelle soi-disant bourgeoisie haïtienne en attirant des investisseurs en provenance de la diaspora. Il s’agirait ici d’une motivation par persuasion. En d’autres termes, l’actuelle bourgeoisie comprador émulerait les investisseurs de la diaspora en les voyant obtenir des gains économiques très substantiels.
Reginald Villier
http://www.haitisuntimes.com/
Koman youn peyi ka kreye riches?
ReplyDelete1- Youn politik fiskal enteljan ki ka bese tarif dwanye nan sekte ou vle vanse ak materyel e ekipman ke ou pa pwodwi ke biznis bezwen pou yo ka kanpe. Pa ekzanp youn biznis ki enpote youn jeneratris paske pa genyen kouran pa dwe peye anpil taks.
2- Fe konpetitisyon plan dafe e finanse nouvo biznis sa yo. Se ti biznis ki bay plis job e job ki dire plis. Fok tout biznis fomalize, enrejistre nan depatman komes ak lot depatman ki necese. Biznis ke chif dafe yo mwens ke 500 mil goud ap peye mwens taks men yap resevwa antrenman, ed sou kontabilite, marketing, aiste yo nan patisipe nan fwa nasyonal ak entenasyonal, pre ak to dentere ki pi ba ke pri ki sou mashe a jiskaske yo rive nan chif dafe kote yo ka peye taks nomalman.
3- Tout biznis dwe anrejistre e pa ka eli arebo lari a kom biwo o, kote yap fe fatra e leta se sel konpayi dasirans yo.
4- Retire fatra nan lari a, ranmase fatra ak ed asosyasyon katye yo. Ke met kay yo fouye twou pou ldo yo tonbe olye lage dlo sal nan lari a.
5- Kanpe komes pepe a ak gwo ogmantasyon taks sou pwodwi sa ke nou pa vle paske lap detwi endistri soulye, rad e latriye.
Nou pa ka nan kesyon moun anro moun anba, pini moun ki reyisi, rayi moun ki rich an fave moun pov, nivelman pa le ba. Non fok nou ede plis moun vinn pi rich, kreye plis riches, elaji sous dlo pou ka genyen plis woch anba dlo e non retire woch nan dlo pou lage yo nan soley. Se laji tab pou genyen plis moun arebo tab la...
Genyen youn vye tradisyon an Ayiti ke se kontribisyon ak ladwann selman ki dwe rapote taks pou peyi aloske ke gwo enjin lou ap travese peyi'a san peye anyen, komes enfomel pa peye taks jan pou yo ta peye, pa genyen okenn toll sou wout yo, ak lto teknik e strateji pou ogamnte asyet fiskal la.